DE PROFUNDIS PROVINCIA

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BLOGUE ET SPICILÈGE
(Version 2)

Olivier Bruley

(L’auteur se réserve le droit de censurer les commentaires qui seraient injurieux ou méprisants, qui se réduiraient à d’inutiles manifestations de colère ou de mauvaise humeur, ou dont la syntaxe et l’orthographe seraient trop fautives pour être d’hommes vraiment capables de donner sens et forme à leur pensée, ce qui se conçoit bien s’énonçant clairement, comme chacun sait. Il rappelle que les plus sots de ses lecteurs, s’il en a, sont priés de se taire, ainsi que les éternels indignés, croit-il bon d’ajouter. Il est enfin toujours prêt à être détrompé, mais à condition, bien sûr, qu’on lui montre son erreur, au lieu de seulement la lui reprocher.)

06/02/2006

06/02/06 - 15:30

FREEDOM GO TO HELL


« Comment concilier liberté de la presse et respect des religions », entendais-je demander tout à l’heure, à la télévision. Respecter les religions, je croyais un peu naïvement que c’était les tolérer, les laisser pratiquer librement. Mais non, il semblerait que respecter les religions, ce soit désormais en respecter les lois. Comment, alors, respecter toutes les religions ? Il ne serait pas permis de représenter le prétendu prophète Mahomet. Mais le problème n’est pas exactement là, me font remarquer certains blogueurs, qui m’apprennent qu’il existerait bel et bien des représentations de Mahomet, même en terre d’islam. Non, ce qui n’est pas permis, c’est de ne pas représenter Mahomet, ou plutôt, de le représenter non pas exactement tel qu’il est, mais tel qu’il n’est qu’en partie, partie exagérément grossie, déformée parfois jusqu’au grotesque, ou tel qu’on croit qu’il est quand on n’est pas musulman, ou tel qu’on veut montrer qu’il pourrait être, pour s’en moquer, par exemple, etc., etc. Il n’est permis de représenter Mahomet qu’en prophète, exemplaire, irréprochable, ce qu’il est, bien sûr, les musulmans le savent bien. Mais si l’on n’a le droit de représenter ou de dire que ce qui est, alors, qu’est-il encore permis de dire ? Ai-je le droit de dire que Mahomet n’est qu’un prétendu prophète, qu’il n’est pas un prophète pour moi qui crois, fou que je suis, que Dieu n’existe pas ? A-t-on le droit de ne pas être musulman ? De ne pas l’être, probablement encore. De ne plus l’être, la chose est moins sûre. Qu’on songe à Messaoud Bouras, menacé de mort, en France, pour avoir publiquement renié sa religion. A-t-on le droit d’être libre ?


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