DE PROFUNDIS PROVINCIA

CLAMAVI
BLOGAVI AD VOS LECTORES

BLOGUE ET SPICILÈGE
(Version 2)

Olivier Bruley

(L’auteur se réserve le droit de censurer les commentaires qui seraient injurieux ou méprisants, qui se réduiraient à d’inutiles manifestations de colère ou de mauvaise humeur, ou dont la syntaxe et l’orthographe seraient trop fautives pour être d’hommes vraiment capables de donner sens et forme à leur pensée, ce qui se conçoit bien s’énonçant clairement, comme chacun sait. Il rappelle que les plus sots de ses lecteurs, s’il en a, sont priés de se taire, ainsi que les éternels indignés, croit-il bon d’ajouter. Il est enfin toujours prêt à être détrompé, mais à condition, bien sûr, qu’on lui montre son erreur, au lieu de seulement la lui reprocher.)

16/08/2006

16/08/06 - 02:11

On pourra lire la suite de ce blogue sur cette page.

12/08/2006

12/08/06 - 03:05

Suites de la controverse commencée le 9 août dans ce blogue avec mon billet reprenant le titre d’un article de Renaud Camus : Que va-t-il se passer ? : un premier article de Herminien2 intitulé Réponse à un article islamophobe paru sur GA, suivi de commentaires de moi, et un second, de Fluctuatnecmergitur, intitulé Renaud Camus (écrivain français), suivi d’un commentaire de moi.

09/08/2006

09/08/06 - 19:25

Que va-t-il se passer ?


Voici, de Renaud Camus, un texte sans doute fort clairvoyant mais laissant hélas bien peu de place à l’espoir, intitulé : Que va-t-il se passer ?. Telle est, en effet, la question que se pose l’auteur, et sa réponse est des plus attristantes : ce sera « l’islamisation, totale ou partielle », de la France et de l’Europe. Celles-ci n’étant pas historiquement des terres d’islam, « il va se passer, écrit Camus, que des pans entiers et sans cesse s’élargissant de la France et de l’Europe vont ressembler de moins en moins à la France et à l’Europe que nous avons connues (mais que de moins en moins d’individus auront connues et que la déculturation générale leur permettra d’oublier, de méconnaître et de calomnier) ». Autrement dit, des pans entiers de notre civilisation vont disparaître, disparaissent sans doute déjà. D’où ma tristesse. La cause la plus manifeste de cette islamisation serait démographique, selon Renaud Camus : « L’islam, écrit-il, très imparfaitement bien sûr, mais assez étroitement tout de même, est lié à certains groupes ethniques ou nationaux qui fournissent depuis trente ans et plus les plus gros contingents de l’immigration. Les musulmans représentent donc, en proportion, une partie sans cesse croissante (mais jamais sérieusement évaluée) de la population. Or cette proportion croît d’autant plus, et d’autant plus vite, que selon toute apparence (même si c’est impossible à vérifier) leur taux de reproduction est plus élevé que celui de la plupart des autres parties de la population. » Une ‘‘riposte’’ serait de « promouvoir le développement démographique » des populations indigènes, historiquement non-musulmanes. Mais « les peuples les plus avancés économiquement et culturellement, poursuit Camus, (et par ‘‘avancés’’ nous n’entendons aucun jugement axiologique) ont bien conscience (serait-ce obscurément peut-être), et cela malgré les assurances qui leur sont prodiguées de concert par des experts prétendus et par leurs médias, qu’un développement démographique indéfini est éminemment nuisible à la planète comme à eux-mêmes. » C’est donc notre sagesse qui nous perdra. Nous disparaîtrons par « excès de civilisation », par «  son épuisement, son dernier mot mais aussi son au-delà, son retournement exsangue, et finalement sa négation. »



Je lisais tout récemment Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia. La patricienne ne parle jamais, dans ses tablettes, des bouleversements de l’empire. Autour d’elle, toujours plus de citoyens passent au parti chrétien, mais Apronenia Avitia semble ne rien voir, comme aujourd’hui beaucoup nient que l’islamisation de la France et de l’Europe soit une réalité (puissent-ils avoir raison !). Toutes les conversions, à Rome, ne sont pas sincères. Ce que dit Renaud Camus des convertis et futurs convertis à l’islam pourrait aussi bien s’appliquer aux convertis des IVème et Vème siècles : « Aux conversions purement religieuses, celles qui sont la conséquence et la substance même d’un acte de foi, s’ajoutent déjà les conversions que, faute d’un terme meilleur, on pourrait appeler ‘‘sociétales’’, voire ‘‘politiques’’ – lesquelles, d’ailleurs, sont loin d’être toujours et forcément insincères : conversions de ceux qui aspirent à la stabilité, à la détermination sinon à l’ordre, à la prise en main extérieure de leur vie, à la tranquillité, à l’anonymat, à la conformité avec l’environnement, ou qui sont naturellement portés (c’est une passion profondément humaine), à rejoindre le camp du plus fort, du plus résolu, du plus présent, du plus porteur d’avenir, du plus conforme, lui-même, à l’avenir tel qu’il paraît s’annoncer. » Pascal Quignard écrit : « La nuit du 24 août 410, l’ancienne amie d’Apronenia Avitia, Anicia Proba, passée depuis de nombreuses années au parti chrétien, fit entrer Alaric et les troupes gothiques furtivement dans Rome par la Porta Salaria. Anicia Proba (Procope, Bell. Vand. I, 2) déclara qu’elle avait agi par ‘‘charité dans le Christ à l’idée des souffrances des affamés’’. » (Pascal Quignard, Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia, Gallimard, 1984, collection L’Imaginaire, page 31.) Quant à Renaud Camus, il conclut ainsi : « Le mépris de soi nous sauvera du bain de sang. L’habitude de la capitulation fera le reste. »


Une réponse de Herminien2 : Réponse à un article islamophobe publié sur GA. Suivent quelques commentaires de moi.
Un article de Fluctuatnecmergitur, Renaud Camus (écrivain français), suivi d’un commentaire de moi.


02/08/2006

02/08/06 - 18:19

Quelques considérations sur la nouvelle et unique race.


Visitant, comme chaque jour, le blogue du jeune et beau Népomucène, je suis tombé sur cette citation d’un de nos grands poètes actuels (1) – il parle des bobos : « Ils sont une nouvelle classe,/Après les bourges et les prolos,/Pas loin des beaufs, quoique plus classe ». Ce que lisant, je me suis souvenu des deux articles (2) de Jean-Gérard Lapacherie consacrés à ce terme, non pas de bobo, mais de beauf, dans le blogue NLF. Selon Lapacherie, l’invention du beauf serait due à une « inversion raciste » dont il traite dans son second article : « Le Beauf, dit-il, inverse le racisme. Avec le Beauf, le raciste n’est plus celui qui est convaincu de sa supériorité, mais celui qui est assigné à une race inférieure. Ce n’est pas le surhomme hautain, arrogant et haineux : c’est le stigmatisé. L’invention du racisme est une inversion. […] Tout fait du Beauf un individu d’une sale race. Il n’est pas raciste, c’est-à-dire d’une race supérieure, comme l’était le soldat allemand de la propagande nazie, grand, blond, élancé, souple, fort. Il est petit, et presque aussi épais que haut. S’il ne l’était pas, il n’aurait pas survécu à l’évolution pour instruire les hommes : il faut que chacun le voie comme le spécimen d’une espèce tératologique appelée à s’éteindre. » Dans la réalité, ce beauf, dont les descriptions sont pourtant fort précises et connues de tous (on en trouve d’admirables dans les articles de Lapacherie), ce beauf n’existe pas, pas plus que n’existait le Juif de la propagande nazie : «  Le Beauf n’est pas différent du juif aux mains crochues, au nez busqué, au regard cupide, que montrait une partie de la presse du début du XXe siècle. Il conforte les racistes (les vrais) dans leurs certitudes. Il est une image pieuse qui incite à la piété raciste, la pire, l’impensée, la viscérale, la tripale […] » Au contraire du beauf, il me semble que son antithèse, le grand Duduche, existe dans la réalité. « Le Beauf a pour antithèse le grand Duduche, écrit Jean-Gérard Lapacherie, qui est grand, fin, élancé, filiforme, blond. Il a des cheveux longs, comme il se doit. Il porte de fines lunettes d’intello. Le Beauf est un primaire. Son antithèse se prépare à entrer à l’université, où il sera Bac + 4, cadre dans la culture, la com, la pub, l’enseignement, le socioculturel. » Grand, fin, élancé, filiforme, blond… Il me semble parfois que les rues grouillent de tels garçons. Mais peut-être n’est-ce qu’une illusion, qui s’expliquerait par le fait que je recherche ce type de garçons, que je trouve sexuellement plus excitant qu’un autre. Hypothèse : tout à l’opposé du beauf, cette sous-race en voie d’extinction, il y aurait l’homosexuel, ou plutôt, cette espèce d’homosexuel qu’on appelle gay. Le gay, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, est la quintessence d’homo festivus (l’expression est de Philippe Muray), qui est précisément la race à venir, la race officielle, la seule (car je rappelle qu’il n’y a pas de races, comme chacun sait), la race festive et métissée (3) du village mondial. Or le gay ressemble comme deux gouttes d’eau au grand Duduche : sans doute n’a-t-il pas les cheveux longs (quoiqu’on trouve parfois quelques garçons qui osent ne pas porter les cheveux courts, assurés qu’ils sont de leur beauté naturelle, sans doute, quelle que soit la longueur de leur chevelure.) Que le gay ordinaire porte les cheveux très courts, presque ras, n’est pas un hasard, bien sûr. Le gay idéal est nécessairement imberbe puisque le beauf, selon Lapacherie, a « les poils rêches ». Déjà, je gay vieillissant et dégarni préfère se raser le crâne. Mais je ne serais pas surpris que dans un avenir assez proche, tout gay ait le crâne rasé, comme la chanteuse Björk, dans l’un de ses clips, il me semble. Cela ferait ressortir encore l’espèce d’androgynie futuriste que la nouvelle race considère comme sa beauté idéale, et pas seulement les gays, qui ne sont que l’aseptique ‘‘avant-garde’’ de la société, l’exemple qu’elle suivra. Le plus triste est que je trouve cette race belle et sexuellement excitante, alors même que j’en diffère chaque jour un peu plus, puisque je vieillis (4). Car tant que nous ne connaîtrons pas les belles techniques évoquées dans Le Meilleur des mondes, nous n’appartiendrons qu’éphémèrement à la nouvelle race, le temps de la jeunesse. En cela, la race à venir n’est effectivement pas une race, puisqu’elle n’est pas transmise par les parents pour la vie entière. On peut donc dire, en effet, qu’il n’y a pas de race, ce dont personne ne doute, de toute façon. Dans Le Meilleur des mondes non plus, d’ailleurs, il n’y en a pas, puisque les parents n’existent pas. Etre parent, c’est accepter de devenir vieux. Dans Le Meilleur des mondes, il n’y a qu’une jeunesse qui dure toute la vie : on meurt avant d’être vieux. Les hommes étant stériles, puisqu’il n’y a pas de parents, « chacun appartient à tout le monde ». Autrement dit : chacun peut baiser avec n’importe qui, comme c’est généralement déjà le cas dans le milieu dit gay. Dans Le Meilleur des mondes, il n’y a plus de races, disais-je, mais des classes sociales, auxquelles on appartient selon qu’on a été conditionné, fœtus puis enfant, pour aimer tel emploi utile à la société, un peu comme déjà, chez les gays, tel garçon, considéré comme passif, comme intrinsèquement passif, est nécessairement fait pour être enculé par n’importe quel autre, naturellement actif. Il n’y a plus d’histoire, plus d’histoire personnelle. Les goûts et les couleurs sont fixés dès le départ et restent les mêmes jusqu’à la fin. Les actifs/passifs sont une anomalie qui ne saurait durer bien longtemps, je pense, dans le monde que l’on se prépare.


(1) Et pourquoi pas ? Après tout, « Les bobos, les bobos,/Les bobos, les bobos » (extrait de la chanson dont je reproduisais plus haut quelques vers, du chanteur Renaud, l’antique titi parisien), est, sans aucun doute, l’un des refrains les plus audacieux de toute la poésie française. C’est tout de même autre chose que le très vrai (qui mieux que Renaud, d’ailleurs, l’illustre ?) mais si plat « Il n’est bon bec que de Paris » !
(2) Cf. les articles Beaufs et Signes 2 – Inversion raciste
(3) Je me pose tout de même cette question : comment peut-il y avoir de métissage s’il n’y a pas de races ? Une explication possible : on parlerait comme si le but que notre société s’est fixé était atteint, tant, sans doute, il est vrai que l’évolution souhaitée est inéluctable. Ce serait déjà comme s’il n’y avait plus qu’une race, celle des métis, dont Yannick Noah, sorte de nouveau Noé (mais n’emportant qu’une espèce dans sa barque), serait le chantre : « Je suis fier d’être métis », l’entend-on dire dans une de ses chansons. Il ne se trouve déjà plus personne pour oser se dire fier d’être de ‘‘race française’’, entre guillemets, guillemets anglais, bien évidemment. Mais y eut-il jamais de race française ? Quel fou pourrait donc bien dire une chose pareille ?
(4) Admirable lucidité de Michel Houellebecq : « C’est tout à fait faussement, pensait par exemple Bruno, qu’on parle d’homosexuels. Lui-même n’avait jamais, ou pratiquement jamais, rencontré d’homosexuels ; par contre, il connaissait de nombreux pédérastes. Certains pédérastes – heureusement peu nombreux – préféraient les petits garçons ; ceux-là finissent en prison, avec des peines de sûreté incompressibles, et on n’en parle plus. La plupart des pédérastes, cependant, préfèrent les jeunes gens entre quinze et vingt-cinq ans ; au-delà il n’y a plus, pour eux, que de vieux culs flapis. Observez deux vieilles pédales entre elles, aimait à dire Bruno, observez-les avec attention : parfois il y a une sympathie, voire une affection mutuelle ; mais est-ce qu’elles se désirent ? en aucun cas. Dès qu’un petit cul rond de quinze-vingt-cinq ans vient à passer, elles se déchirent comme deux vieilles panthères sur le retour, elles se déchirent pour posséder ce petit cul rond ; voilà ce que pensait Bruno. » Michel Houellebecq, Les Particules élémentaires, Flammarion, 1998, collection J’ai lu, pages 105-6.


02/08/06 - 00:38

Toute interprétation est délire.


« Ieurre trouva cela obscur et, plus clairement, hors sujet. R. répliqua que quand cela serait tout à fait clair, alors ce serait de plus en plus impénétrable, inexplicable. C’était moins de la carence du sens qu’il fallait se plaindre que de l’abondance des explications. Il n’y avait pas d’interprétation délirante parce que toute interprétation était délire. »


Pascal Quignard, Carus, Gallimard, 1979, collection Folio, page 116.


Et dans Le Sexe et l’Effroi, (collection Folio, page 341) : « […] C’est Jacques de Voragine qui porte une pierre à cet amas de ruines que j’ai désiré rassembler, et une preuve à mon délire. Parce que toute interprétation est un délire. »