17/02/2006Distique.
Quelqu’un (1) me voulait voir rouvrir mes commentaires :
Les plus sots d’entre vous sont priés de se taire.
(1) Il semble que ce soit son ami Esteban, lui-même blogueur, qui ait persuadé OMB de rouvrir les commentaires de son journal. Il lui avait reproché, dans une conversation électronique (dont on a retrouvé la sauvegarde sur un disque dur lui ayant appartenu), de se « comporter comme un autiste, à soliloquer de la sorte ». Mais d’autres blogueurs encore n’appréciaient pas que les commentaires leur fussent fermés. Ainsi le célèbre Prêchi-Prêcha, l’un des grands stylistes de l’époque, avait écrit, un jour qu’OMB s’en était pris à lui, par pure malveillance, il faut bien l’admettre : « Cela me fait toujours un peu mal de voir mon pseudo parodié sur des posts sur lesquels on ne peut pas répondre. On me prête des propos ou des façons d’être, sans que je puisse donner mon avis. Ce sont des méthodes comme d’autres. Après tout, c’est révélateur. » Mais, comme Prêchi-Prêcha le reconnaissait implicitement en parlant de « pseudo parodié », il faut dire, à sa décharge, qu’OMB donnait dans la satire et qu’il ne faisait que respecter une loi du genre en peignant un Prêchi-Prêcha difforme et néanmoins ressemblant, ne fût-ce que par un seul trait de son visage ou de son caractère : il en faisait une caricature. Il écrivit d’ailleurs dans ses Mémoires d’exil : « Ce que je racontais sur Prêchi-Prêcha était certes cruel, injuste et souvent faux, mais comme pour les caricatures de Mahomet, qui firent si grand scandale à la même époque, tout le monde savait que ce que je disais de lui était injuste et faux, et je ne m’expliquais pas comment il pouvait ne se trouver personne pour prendre ma satire pour ce qu’elle était, c’est-à-dire rien de plus qu’une plaisanterie, d’un goût peut-être un peu douteux, il est vrai. Prêchi-Prêcha était mon Mahomet à moi. Lui que j’avais si souvent entendu dire la fascination qu’il avait pour l’islam, il aurait dû se sentir flatté. » Le gros Steevy Boulette, quant à lui, tenait OMB pour un hypocrite. Il écrivit, en effet, dans son blogue : « Notre Mémère à caniche défend la liberté d’expression en fermant ses commentaires. Tartuffe ! Vous avez dit Tartuffe ? » Ils étaient plusieurs blogueurs à insinuer, comme ce Steevy Boulette, que ce n’était pas respecter tout à fait la liberté d’expression que de ne pas permettre aux hommes de s’exprimer librement en tous lieux. Mais l’essentiel n’est-il pas que chacun puisse s’exprimer librement en un endroit au moins ? Est-ce vraiment priver les libertins de leur liberté que de leur interdire de crier leur incrédulité à l’intérieur même de l’église, s’ils peuvent le faire sur le parvis ?13/02/2006Pas de provocation !
Les blogueurs sont toujours si sérieux, si informés, si rigoureux, si concernés, si généreux, même, et si engagés ! N’y a-t-il donc que des Prêchi-Prêcha, que des Nono Pestant, sur la toile, et nonobstant qu’ils aient probablement mieux à faire, comme dirait le bon gros Steevy Boulette ? Et si, pour une fois, nous nous laissions aller à un peu plus de légèreté ? Voici donc une amusante petite vidéo, que j’ai découverte en lisant le blogue de Jugurta, qui lui-même avait trouvé le lien dans les Chroniques de l’eXtrême-centre. Que peut-on voir, dans cette vidéo ? Cela se passe lors de la manifestation organisée à Paris, le samedi 11 février, contre la publication des caricatures de Mahomet. « 7200 personnes, selon la police, apprend-on dans un article du Monde, ont défilé dans le calme de la place de la République à la place de la Nation à l’appel de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis. » Pour tout dire, c’était si calme qu’on n’entendit pas même un Allah o akbar, pas un seul (comme on peut d’ailleurs le vérifier sur la vidéo). C’était bien différent, toujours selon le même article, lors de la manifestation de Strasbourg, le même jour, laquelle, il est vrai, était organisée à l’appel d’une organisation islamiste : on pouvait donc s’attendre à ce que Dieu fût, là-bas, nettement plus grand ! Mais revenons à nos moutons, c’est-à-dire à la manifestation de Paris. Voici que deux irresponsables entrent en scène. Irresponsables, je ne vois pas d’autre mot. Car la liberté d’expression, comme chacun sait, ne va pas sans la responsabilité ! Et quand on est quelqu’un de responsable, on ne dit, en toute liberté, bien sûr, que ce que tout le monde veut entendre ! Or, l’un de nos irresponsables avait osé se joindre au cortège en arborant un drapeau danois. Quant à l’autre, il transportait, non pas sur un plateau d’argent, mais sur une feuille blanche, une (fausse) main tranchée tenant un feutre de dessinateur. Ah ! Vraiment ! Les inconscients ! Les réactions des manifestants furent partagées. « C’est une provocation, ou quoi ? » « Ignorez-les. C’est des idiots. Il faut les ignorer. » « Est-ce qu’ils viendraient provoquer, à une autre manifestation ? » « Vous insultez un milliard et demi de musulmans ! » Car les musulmans, semble-t-il, sont des gens susceptibles. Il n’y a pas que lorsqu’on caricature leur prophète qu’ils se sentent insultés, mais aussi quand on arbore, par exemple, le drapeau d’un pays dans lequel des caricatures dudit prophète on été commises ! « Face de rats ! », entendit-on également, et encore : « Ah ! Les fils de l’adultère ! Ah ! Les deux homosexuels ! ». En plein Paris, « Ah ! Les fils de l’adultère ! », on aura tout vu ! La police, heureusement, finit par faire sonner sa sirène. Elle venait, semble-t-il, à la rescousse des deux irresponsables, qu’il fallait mettre en sécurité. Mais c’est à ce moment, au son de la sirène, qu’on entend ma réplique préférée, tenue par un manifestant soucieux de se faire bien voir des agents de police : « C’est quelqu’un qui provoque, là-bas, hein ! On veut pas faire de problèmes, nous. » On croirait la réplique d’un sketch ‘‘sympa’’ !06/02/2006FREEDOM GO TO HELL
« Comment concilier liberté de la presse et respect des religions », entendais-je demander tout à l’heure, à la télévision. Respecter les religions, je croyais un peu naïvement que c’était les tolérer, les laisser pratiquer librement. Mais non, il semblerait que respecter les religions, ce soit désormais en respecter les lois. Comment, alors, respecter toutes les religions ? Il ne serait pas permis de représenter le prétendu prophète Mahomet. Mais le problème n’est pas exactement là, me font remarquer certains blogueurs, qui m’apprennent qu’il existerait bel et bien des représentations de Mahomet, même en terre d’islam. Non, ce qui n’est pas permis, c’est de ne pas représenter Mahomet, ou plutôt, de le représenter non pas exactement tel qu’il est, mais tel qu’il n’est qu’en partie, partie exagérément grossie, déformée parfois jusqu’au grotesque, ou tel qu’on croit qu’il est quand on n’est pas musulman, ou tel qu’on veut montrer qu’il pourrait être, pour s’en moquer, par exemple, etc., etc. Il n’est permis de représenter Mahomet qu’en prophète, exemplaire, irréprochable, ce qu’il est, bien sûr, les musulmans le savent bien. Mais si l’on n’a le droit de représenter ou de dire que ce qui est, alors, qu’est-il encore permis de dire ? Ai-je le droit de dire que Mahomet n’est qu’un prétendu prophète, qu’il n’est pas un prophète pour moi qui crois, fou que je suis, que Dieu n’existe pas ? A-t-on le droit de ne pas être musulman ? De ne pas l’être, probablement encore. De ne plus l’être, la chose est moins sûre. Qu’on songe à Messaoud Bouras, menacé de mort, en France, pour avoir publiquement renié sa religion. A-t-on le droit d’être libre ?
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